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Les constructeurs automobiles croient-ils aux blogues?

Ma collègue Anne a noté dans son blogue le faible intérêt de la part des constructeurs automobiles pour les blogues corporatifs.

Cela a réveillé ma curiosité. Elle cite GM qui a la réputation d’avant-gardiste, ayant lancé un blogue back in 2001. J’écrivais précédemment que KIA et Chrysler avaient aussi lancé un blogue. Le wiki des entreprises du Fortune 500 qui bloguent indiquait que Ford en avait un. Donc, le big 3 américain avaient tous leur blogue.

Driving Conversations

Mais j’ai été étonné de réaliser, alors que GM lance un blogue pour le marché européen, que le blogue de Ford a disparu! Un article intéressant de Business Week parlait déjà de son déclin. Est-ce que les résultats était en-deça de leurs attentes? Car c’est une chose que de convaincre les entreprises de se lancer dans le Web 2.0. Mais si les évangélistes des nouveaux canaux de communications doivent faire dans la rétention d’entreprises, ils vont trouver le chemin long…

Du côté asiatique, j’ai aussi trouvé un blogue chez Toyota. Et en Europe, j’ai pu voir que Renault avait un blogue pour le côté Formule 1. En connaissez-vous d’autres?

Y-a-t-il des produits plus favorables aux blogues?

Il y a différentes raisons de créer un blogue corporatif. Il peut s’agir d’une fonction de relation publique : gérer les crises ou annoncer de nouveaux produits. Le blogue peut aussi avoir un accent marqué vers le marketing pour promouvoir la marque, créer une relation avec le client et aider à la rétention de ce dernier.

Pour établir ce lien de confiance entre la compagnie et le lecteur, une conversation doit s’établir. Il faut que la compagnie ait des éléments nouveaux à diffuser. Et des lecteurs intéressés par ces développements.

Il est fort possible qu’un aficionado d’automobiles ait un intérêt marqué à connaître les dernières nouveautés de son véhicule adoré. Par contre, il sera beaucoup moins facile d’aller chercher et de retenir les nombreux consommateurs de Kleenex (ou d’une autre marque de papiers mouchoirs).

Est-ce que l’utilisation marketing des blogues corporatifs serait limitée aux produits de marque ou de luxe ? Eh bien, il semble que ce ne soit pas le cas. Pour preuve, les blogues de Clorox, un fabricant de produits de nettoyage et de Graco, un fabricant de matériel pour les bébés.


Graco Blog


Sur le site de Gracobaby, il semble que la compagnie ait pris l’approche de donner la paroles aux employés qui sont également parents. Sans parler directement des produits, le blogue où se partagent les expériences des jeunes et moins jeunes parents permet de donner un visage humain à la compagnie et d’augmenter sa notoriété auprès de sa clientèle de parents. Car qui sait mieux l’importance de la sécurité et du bien-être d’un enfant qu’un parent?


Dr. Laundry Weblog


Le site de Clorox est plus convenu, avec des réponses à des questions (de lecteurs sûrement) sur l’utilisation de détergent. Le blogue est tenu par un seul auteur, un chercheur attitré au développement de produits chez Clorox. Ce qui donne à l’ensemble l’atmosphère des annonces des années 50 avec l’expert prouvant l’efficacité du produit. Et la plupart des problèmes trouvent leur solution dans un des produit Clorox…

Blogue-agisme

En parlant avec des personnes qui offrent des blogues comme outil de communication aux entreprises, on m’a beaucoup parlé de la difficulté à pousser les clients de plus de 40 ans à adopter le blogue. Souvent, ils l’apparentent à des média sociaux comme Facebook, ils l’étiquettent “jeunes” et de ce fait, ne se reconnaissent pas dans l’utilisation de cet outil de communication. Cette tendance se maintiendra t-elle?

Même si on perçoit tous autour de nous les difficultés relationnelles, liées aux différences générationnelles (voir Sautez le fossé des générations!), je me dis tout de même que certains baby-boomers ne s’inscrivent pas dans ce paradigme. En partageant mes réflexions avec une personne de mon entourage de cette génération, cette personne a vivement réagi, ne se reconnaissant pas dans ce mouvement de résistance au web 2.0.

D’ailleurs, le très sérieux magazine FORTUNE met en lumière la stratégie de Facebook pour séduire les adultes (hors génération Y) à travers l’article “Help Wanted: Adults on Facebook, the social networking site is making a big push to attract adults the world over“.

Ainsi, en s’y intéressant de plus près, on se rend compte que même si beaucoup font de la résistance, la conversion au blogue corporatif se fera sans heurt dans toutes les générations présentes dans les entreprises. Cependant, cette conversion dépendra des retombées positives, des success stories des blogues d’entreprises.

Que valent vos publicités ?

Avec votre site web, vous pouvez recevoir de plus en plus de rétroaction de vos clients sur vos produits. Et pourquoi ne pas demander de commentaires sur vos publicités ?

C’est une idée qui semble faire son chemin. Le blogue de Steve Rubel donne l’exemple d’une publicité d’American Express. Le site CNet (bientôt la propriété de CBS) offre directement la possibilité de commenter les publicités sur son site, ce qui bonifie l’offre du site pour les annonceurs.

CNET

Ce petit ajout permet possiblement d’aller chercher la réaction impulsive à une publicité, un peu comme un achat impulsif*. Même si une publicité fait réagir un client, positivement ou négativement, le client l’aura bien vite oublié, ou ne fera probablement pas l’effort d’aller sur le site pour trouver la page où il peut écrire un commentaire. Et dans le cas de sondages téléphoniques concernant des publicités, les questions renvoient aux souvenirs que la personne en garde.

Attacher une option de commentaire à la publicité sur Internet permet par contre de recueillir les impressions à chaud. Ce n’est peut-être pas aussi systématique qu’un groupe de discussions mais c’est beaucoup plus simple et moins onéreux. Et c’est une façon assez simple de gérer la relation avec vos clients, de montrer une ouverture et de tirer profit de leurs commentaires.

*À ce propos, il y a un exemple intéressant entourant la publication gratuite du livre Infected de Scott Sigler en format pdf pendant une durée limitée qui a fait jasé sur la blogosphère. Cory Doctorow critique le fait qu’un lecteur intéressé devra attendre avant de pouvoir se procurer une copie ; achat qu’il ne fera probablement pas.

Ce que pensent d’autres compagnies du Top 100…

Voici quelques détails intéressants dénichés en préparant le précédent texte sur le nombre de compagnies du Top 100 (du Top 500 du Journal Les Affaires) qui ont un blogue.

La politique de la Financière Sun Life Canada quant aux blogues est claire et semble fermée à leur utilisation:

“You must not make personal comments or share information or opinions about Sun Life Financial or its businesses on your personal internet home page or web log (”blog”), any internet chat room, or other similar public forum.”

D’ailleurs, voici la réponse de la compagnie lorsque contactée pour savoir si elle avait un blogue :

“Please be informed that the Standard Life Assurance Campany of Canada doesn’t have an external blog. Please note that the company has no interest in one at the moment, neither in the nearest future.”

Sur le site de Shell, j’ai trouvé cette entrevue Q&R avec un expert en innovation. Celui-ci mentionne que les employés feront preuve de créativité chez eux, notamment en écrivant un blogue, mais que cette créativité n’est parfois ni attendue, ni encouragéeau travail :

“And the people at Shell when they go home probably work on their digital photos, write a blog, mix a dance tune online, or they are in Second Life creating an avatar. When they come to work we often don’t expect people to bring those creative energies to their jobs, nor do we help them to do so. “

Incidemment, Shell n’a pas de blogue…

Mais il y a aussi des bonnes nouvelles. Direct Energy Marketing, un détaillant et fournisseur de gaz naturel, d’électricité ainsi que d’autres services liés à la distribution d’énergie, semble offrir à ses employés des blogues internes. Comme le mentionne un de ses employés :

“We all have an internal blog in which we write our experiences, provide neat websites, and even ask for help. The blog is a great outlet for me to express what I’m learning and see what others are doing as well.” (Nous avons tous un blogue interne où nous écrivons nos experiences, partageons des sites intéressants, et où nous pouvons demander de l’aide. Le blogue est une superbe extension pour exprimer ce que j’ai appris et voir ce que les autres font également).

Blogues corporatifs dans le Top 100 canadien

Est-ce que les grandes entreprises canadiennes possèdent des blogues corporatifs? La question est discutée dans le cas des compagnies américaines, mais qu’en est-il de celles du Canada ?

Ma collègue Édouardine a mentionné le cas d’un wiki qui dénombre les blogues corporatifs parmi les compagnies du Fortune 500. J’ai cru intéressant d’effectuer le même exercice pour les entreprises canadiennes. J’ai pris le Top 500 des entreprises recensé par le Journal Les Affaires et j’ai recherché des blogues corporatifs sur leurs sites.

Je me suis également inspiré de la démarche des auteurs du wiki, qui définissent un blogue corporatif comme un :

Active public blogs by company employees about the company and/or its products. (blogue actif et public par des employés de l’entreprise à propos de l’entreprise et/ou de ses produits).

Comme il y a quelques groupes de presse, j’ai retenu cet autre critère d’un autre blogue :

Note, I didn’t include the Guardian blogs because they are subject focused, whereas The Observer blog is about The Observer…

Donc, les blogues de journalistes sont exclus.

À cela s’ajoute une particularité canadienne. Plusieurs des entreprises du Top 500 sont des filiales d’une compagnie américaine. Si la compagnie américaine a un blogue corporatif, est-ce qu’on doit inclure la filiale canadienne ? C’est un sujet qui a probablement de bons arguments en faveur et en défaveur. J’ai décidé de les inclure puisque ces blogues discutent aussi des produits et/ou de l’entreprise canadienne, même si ce n’est pas avec un regard canadien (de plus, une ouverture aux blogues par la compagnie mère devrait pouvoir se refléter à l’intérieur de ses filiales).

À l’inverse, si une filiale a un blogue corporatif, j’ai aussi inclus la compagnie mère. Un exemple est Thompson qui possède l’agence de presse Reuters qui a un blogue sur Reuters même.

Voici donc la liste :

Entreprises du Top 100 ayant un blogue corporatif

On arrive donc à un respectable 8%. Pour comparer des pommes avec des pommes (le wiki examine les 500 compagnies), il faudrait faire l’exercice également en scrutant les 500 compagnies mais pour l’instant, c’est un projet futur. À moins que d’autres veulent s’y mettre aussi…

Site Web :

www.p2p-blog.com

fastlane.gmblogs.com

blog.chryslerllc.com

blogs.nortel.com

www.countertopbuzz.ca

blogs.reuters.com/reuters-editors

www.ibm.com/developerworks/blogs

Web 2.0 énergétique

J’écrivais précédemment que des compagnies de différents secteurs trouvaient une utilité aux blogues corporatifs. Qu’en est-il des compagnies qui investissent le plus au Canada. Est-ce qu’elles ont aussi investi pour inclure dans leur site des outils du Web 2.0 ?

Par curiosité, j’ai extrait les plus importants investissements (plus de 500 M$) annoncés en 2007 et compilés par E&B DATA, compagnie-sœur d’Intelegia.

Liste des plus importants investisseurs au Canada en 2007 (agrandi)

Liste des investisseurs les plus importants au Canada en 2007

Sans surprise, les investissements qui se comptent en milliards de dollars proviennent principalement du secteur énergétique, avec l’exception de Potash Corporation of Saskatchewan dans le secteur des ressources minières; et qui défraie les manchettes alors que son titre explose suite aux hausses des prix des engrais.

En allant visiter les sites de ces compagnies à la recherche de vidéocast, de fil RSS ou d’autres outils du Web 2.0, j’ai pu constaté que Potash Corp constituait encore une exception dans ce groupe de géants.

Potash Corporation of Saskatchewan

Une vidéo d’un entretien du président à l’agence Bloomberg est offerte dès la page d’entrée de leur site. En terme de videocasts, le site offre une quarantaine de vidéos, allant d’entrevues avec ses dirigeants (aussi en podcast), d’assemblées générales et de vidéos corporatives. On peut même retrouver sur le site un extrait de l’émission du comique canadien anglais Rick Mercer qui était allé visiter la mine Allen en novembre 2007.

Dans le secteur énergétique, c’est probablement Petro-Canada qui remporterait la palme. Sur leur site principal, la compagnie offre déjà un fil RSS et des webcasts sur les états financiers et la mise à jour de projets.

Toutefois, c’est surtout avec leur blogue Pump Talk que la compagnie démontre son intérêt pour les possibilités des nouvelles technologies de communication par Internet. Il y est d’ailleurs indiqué que le blogue est la suite d’une initiative consistant à envoyer des vidéos d’employés discutant de la hausse du prix de l’essence sur le site de partage de vidéos You Tube.

Blogue Pump Talk

C’est une belle initiative de relation publique pour initier une conversation avec ceux qui ragent contre la hausse du prix de l’essence. Et j’espère que ça constituera un beau terrain d’expérimentation de ces nouveaux outils et que Petro-Canada va les rapatrier dans ses autres sites.

Un promoteur ouvre le bal du Web 2.0

Mardi prochain, pour le 3e mardi organisé à Montréal, Pierre Bouchard va parler d’un cas très innovateur de blogue auquel il a contribué, et qui a été utilisé par un promoteur immobilier pour entreprendre une conversation avec les « stakeholders » concernant un projet de centre commercial de quartier. Il va être très intéressant de l’entendre partager son expérience et de connaître les derniers développements.

En attendant, voici déjà un petit aperçu de l’analyse que nous avons fait de ce cas suite à une entrevue avec Pierre Bouchard :

La Situation :

First Capital Realty préconise une stratégie d’exploitation de centres commerciaux de quartier et communautaires ayant un supermarché comme locataire majeur.

Le projet se situe à Longueuil à proximité de la sortie du Pont Jacques-Cartier. Le promoteur veut transformer un ancien concessionnaire automobile coin rue Saint-Charles et Labonté en un centre commercial de quartier.

Conseillé par Pierre Bouchard, Louis Voizard de First Capital Realty a lancé un blogue pour son projet du Marché du Vieux-Longueuil.

Blogue du Marché du Vieux-Longueuil

Les Résultats :

Louis Voizard a pu répondre du tac au tac à certains détracteurs du projet, parfois décrit comme un «bigbox». Sachant qu’une perception négative est généralement véhiculée au sein des communautés à l’égard de ce type de projet, le promoteur peut y faire une différence dès les premières étapes du développement.

D’ailleurs, son blogue a été repris par d’autres blogues comme Clique Urbaine et Spacing Montreal :

Spacing Montreal et Clique urbaine

Les Avantages :

  • Connaît rapidement les inquiétudes des citoyens et les arguments des opposants, ce qui diminue les inconnues face à la réussite du projet.
  • Fait ressortir les appuis des citoyens au projet : les indécis ne font pas qu’entendre les avis des opposants.
  • Garde un contact avec les citoyens en fournissant de l’information en continu sur les développements du projet.
  • Peut répondre rapidement aux demandes et aux critiques des parties prenantes, ce qui diminue les délais avant l’acceptation ou le refus du projet.
  • L’information est diffusée: d’autres blogue ont repris celui du promoteur: fait connaître le blogue, augmente l’auditoire et recueille davantage d’appuis.
  • L’information est conservée: l’information demeure disponible en tout temps pour être consultée par les citoyens.
  • Donne un visage humain au promoteur souvent perçu comme obscur et intéressé uniquement par le gain.
  • Démarche transparente qui plaît aux citoyens, chiffres à l’appui.

La Suite :

La demande de changement de zonage a été acceptée au conseil municipal en décembre 2007. Le conseil de ville a renoncé à la tenue d’un registre car un nombre assez élevé de participants ont appuyé le projet. Le projet devrait entrer dans la phase de début des travaux au printemps 2008.

Les blogues corporatifs sautent la clôture

On s’attend à ce que les entreprises dans le secteur des hautes technologies présentent des blogues corporatifs. Mais qu’en est-il des autres industries plus traditionnelles? Est-ce qu’elles embarquent?

Si personne ne sera surpris outre mesure que des compagnies comme Sony lance un blogue pour sa console de jeu en juin 2007, les cas des blogues lancés aussi en 2007 par les compagnies pharmaceutiques GlaxoSmithKline et Johnson & Johnson sont peut-être plus inédits. J&J avait d’ailleurs lancé un blogue sur l’histoire de la compagnie un an plus tôt.

JNJBTW

Les groupes les plus connus, comme Coca-Cola, semblent rejoindre les rangs des vétérans comme GM (à noter que les constructeurs automobiles semblent suivre l’exemple, avec Chrysler et KIA en août et septembre 2007).

Même le secteur de l’alimentation semble s’y mettre. Sobeys a lancé un blogue où deux chefs cuisiniers canadiens parlent de leur quotidien et surtout de l’aspect alimentaire de celui-ci. Métro offre également des vidéos du chef Ian Perrault qui y propose ses recettes.

Countertop BUZZ

Comme quoi les blogues corporatifs ne sont pas seulement des gadgets pour les compagnies de haute technologie mais des outils de haute technologie utilisés par les entreprises de tous les secteurs.

Les blogs et la lutte des classes

Un intéressant essai de Danah Boyd, aspirante PhD de la iSchool de Berkeley, a suscité beaucoup d’intérêt dans les médias cette semaine. La BBC, The Guardian et le blog de Farhad Manjoo du site Salon, notamment, en ont parlé. Cet article, intitulé “Viewing American class divisions through Facebook and MySpace“, que l’auteur prend bien soin de ne pas catégoriser comme une étude universitaire, démontrerait que les (jeunes) usagers des plateformes collaboratrices ont des choix qui sont liés à leurs classes sociales. Ainsi, comme le résume brutalement Manjoo, “MySpace is for freaks and Facebook is for preps”…

Lire les intéressants commentaires de Danay Boyd sur son blog, sur ces remous médiatiques.