Monthly Archive for December, 2006

L’état de l’Internet en 2006

C’est devenu un classique de fin d’année presqu’aussi attendu que le Bye! Bye! de ma jeunesse: les “tops” publiés par les principaux moteurs de recherche.

On a beaucoup parlé dans les médias et sur l’Internet en général que dans le “top 10″ de Google, il y avait beaucoup de termes se rapportant au web collaboratif, aux blogs, au Web 2.0. Ce qui est vrai de Google ne l’est pas des autres principaux moteurs de recherche. J’ai fait une petite compilation rapide des “top 10″ des 6 principaux moteurs “mondiaux” et ai tenté de catégoriser les recherche. Le tableau suivant est éloquent:

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Les différences entre les besoins en information des utilisateurs des principaux moteurs sont très marquées. Alors que Google semble attirer les Internautes les plus intéressés par les nouveautés offertes par le web, ses deux concurrents (Yahoo! et MSN Live) sont plutôt utilisés par des sujets reliés aux frasques des artistes…

Les nouvelles d’actualité les plus cherchées sont également révélatrices du profil des internautes utilisant les sites d’actualités, au tableau suivant:

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Alors que les recherches effectuées sur Google News sont davantage diversifiées que chez ses deux principaux concurrents, on voit une nette différence d’intérêts entre Yahoo! News et MSN/Live: les questions politiques ont la cote chez le premier alors que les vedettes occupent l’essentiel de l’intérêt des utilisateurs du second.

Dans tous les cas, c’est une analyse nécessaire à tous ceux qui s’intéressent aux outils publicitaires offerts par ces sites… Une analyse ici très sommaire du public cible, qui gagnerait sûrement à être approfondie.

Je suis la personnalité Time de l’année !

Le magazine Time, édition du 25 décembre, a élu comme personnalité de l’année: vous! Cette édition prestigieuse et attendue année après année depuis 1927 a nommé des présidents américains, des scientifiques, des artistes, y compris Martin Luther King ou… Adolf Hitler (en 1938!) et Staline (en 1939 et 1942…).

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Cette année, donc, le titre ne revient pas à l’Humain en général, mais au “citoyen numérique”, célébrant ainsi la Digital Democracy. L’éditorial de Lev Grossman porte le titre éloquent de “Power to the People”. On souligne donc, ce que Time considère une nouvelle ère - celle de la production de contenu, de pensée et de savoir, par des individus affranchis des grandes institutions de diffusion et de production d’information.

Ça n’est pas la première fois, incidemment, que Time choisit une personnalité de l’année “abstraite” - parfois une génération (les 25 ans et moins en 1966), une invention (l’ordinateur en 1982) et même la Terre (en 1988).

Un sommet pour les blogs en 2007 ?

La firme de consultants Gartner a publié ses prédictions pour 2007, dans lesquelles les auteurs estiment que le nombree de blogs atteindra un sommet au milieu de l’année prochaine, autour de 100 millions de blogs. Il s’agirait en quelque sorte d’un effet de saturation. Dans une chronique d’experts que je tiens sur le site Technaute (”La tête chercheuse“), j’avais prédit qu’à la fin de 2006, il y aurait 50 millions de blogs au 31 décembre 2006, sommet déjà dépassé. À vous de voir lesquelles de mes 10 prévisions pour 2006 seront effectivement réalisées à la fin du mois… À suivre, bientôt, le résultat de la consultation de ma boule de cristal pour 2007!

La libre-expression et le web

Jon Pareles, critique musical au New York Times a publlié hier un papier intéressant dans le International Herald Tribune (éd. du 12 déc., p. 26): “User-generated cntent: a coming of age”. Dans lequel il nous rappelle que le web collaboratif, les plateforme comme MySpace ou les blogs ne sont que la forme actuelle d’un concept qui ne date pas d’hier: la création personnelle. À la différence d’autres formes d’expression personnelle, le contenu généré par des individus sur le web n’a pas de frontière géographique, contrairement aux graffitis par exemple. Du coup: “all that free-flowing self-expression presents a grandly promisng anarchy, an assault on established notions of professionalism, a legal morass and a technological remix of teh processes of folk culture”.

L’impact sur les grands groupes d’information n’est pas neutre, évidemment. Bien au-delà des transactions récentes (achat de MySpace pour 580 M$ par le groupe de Rupert Murdoch ou celui de YouTube par Google pour 1,65 G$), ce qui change la donne est, entre autres, le filtrage par les usager de produits culturels: “Those geeks make life easier for the media moguls who bought into user-generated content this year. Selection, a time-consuming job, has been outsourced. [...] The open question is whether those new, quirky, homemade filters will find better art that the old, crassly commercial ones.”

Jon Pareles est à lire pour réfléchir sur www.iht.com/culture.

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Les grandes industries dans leurs communautés

Jean Matuszewski, président de E&B Data, la compagnie-soeur d’Intelegia, a prononcé un discours sur le rôle des grandes entreprises industrielles dans le développement régional, dans le cadre des Entretiens Jacques-Cartier, à Lyon la semaine dernière.

Jean en a étonné plus d’un en parlant “d’entreprises progressistes” - ces entreprises qui, en raison de la nature de leurs activités et de leur taille imposante au sein de petites communautés, ont souvent maille à partir avec leurs régions d’accueil. C’est le cas, par exemple, des alumineries ou des raffineries de pétrole.

Quelques une sd’entre elles sont donc des “entreprises progressistes” en ce sens qu’au-delà du respect des contraintes légales et réglementaires qui leur sont imposées, sont pro-actives dans leur implication communautaire. Si elles ne sont pas majoritaires, il n’en demeure pas moins qu’elles présentent un modèle à suivre pour plusieurs.

Car, dépassant précisément ces contraintes légales, elles cherchent à légitimiser leur présence en région par des actions concrètes de développement économique et social. Certes, on a l’habitude depuis un bon moment de l’appui qu’elles donnent à des équipes sportives, des événements culturels et autres activités sociales. Ce dont il est question ici, cependant, est beaucoup plus profond comme implication, car il s’agit de créer des liens durables avec la société civile, que ce soit par le développement une politique culturelle en région éloignée, par le transfert de connaissances et d’expertises (gestion, technologie, développement de marché) auprès de PME locales ou la mise sur pied de programmes de mesures d’urgences.

Ces actions permettent à ces entreprises de tisser des liens plus forts avec leurs milieux mais se situent maintenant au coeur de leur stratégies d’affaires dans le processus de nouvelles implantations. Les communautés ont maintenant leur mot à dire de façon beaucoup plus ferme que ça n’était le cas dans le passé. “la RSE [Responsabilité sociale des entreprises], mentionne Jean, table désormais sur une vision plus large et inclusive que simplement orientée par l’intérêt particulier et “court-termiste” de l’entreprise ou de ses actionnaires anonymes.”

Je ne peux m’empêcher de noter que la démocratisation des moyens de communication, via le web, les forums de discussion ou les blogs est au centre de ces transformations dans le mode de gestion et de stratégies des entreprises. Les simples citoyens sont en nombre et peuvent grâce à ces canaux diffuser rapidement de l’information. Du coup, chaque décision des entreprises est scrutée à la loupe par une myriade d’observateurs - et diffusée rapidement et largement sur l’Internet. D’où l’importance pour elles de se doter de politiques de responsabilité sociales voire même d’être proactives pour se démarquer du lot.

Les blogs, le web et les gestionnaires

De passage en France, deux magazines font leur “une” dans les kiosques avec l’impact du web sur la vie en entreprise (notamment).

Express no 2989

D’abord l’hebdo L’Express (no. 2892, 7 au 13 déc. 2006) qui titre: “Internet: enquête sur le cinquième pouvoir” qui s’intéresse davantage à l’impact des sites personnels et des blogs sur les médias et de leur place dans l’espace public et politique. Pour L’Express, les blogueurs, ce sont “100 000 nouveaux éditorialistes à chaque lever de soleil” (p.36) dans un contexte où toute information, bonne ou mauvaise, vraie ou fausse, peut être rapidement diffusée et échangée. “C’est le totalitarisme de la transparence absolue”, constate Claude Malhuret, maire de Vichy et coresponsable de la stratégie Internet de l’UMP, le parti du président Chirac.

Courrier des cadres no 3

Le Courrier des cadres, quant à lui, s’intéresse plus spécifiquement à l’impact des blogs sur le monde des affaires. Ce nouveau mensuel est édité par l’Association pour l’emploi des cadres. “Blog mania: 800 000 cadres déjà conquis. À quoi ça sert et comment créer le vôtre”. Un ABC intéressant. On y apprend, d’ailleurs, que cinq entreprises de recrutement ont créé un concours du meilleur blog de cadres (”Blog emploi Challenge” - on est en France je vous le rappelle), qui ont honoré trois blogs: ceux de Alexandre Gaudin, de Marc Menant et de Arnaud Meunier.

L’Internet est bon pour les journaux imprimés

Une étude de la Newspaper Association of America soutient que les revenus publicitaires dans les journaux imprimés augmentera de 1,2% en 2007, essentiellement soutenus par les gains réalisés par la publicité en ligne, rapportait Reuters il y a quelques jours.

Une autre démonstration de l’influence positive de l’Internet sur les médias traditionnels. Une occasion de réflexion pour les entreprises sur leurs stratégies marketing et publicitaires.

C’est le début d’un temps nouveau

Technorati nous apprend qu’il y a plus de 57 millions de blogs répertoriés et qu’il s’en crée environ 100 000 quotidiennement

Les blogs “standards” semblent passés de mode au profit des vlogs et autres podcasts.

Le soit-disant Web 2.0 commence à ressembler à une bulle spéculative à la sauce an 2000 - comme le soulignait récemment Dan Fost du San Francisco Chronicle - et tout cela pourrait être qu’une autre mode sans lendemains.

Et moi? Je lance un blog. Un peu déphasé et en retard sur les événements, non?

Pas tout à fait. J’ai l’impression, au contraire, que nous assistons au début d’un temps nouveau. Les blogs prennent de plus en plus de place dans les médias traditionnels. Ils influencent la vie économique, politique, sociale et commerciale d’un tout nouvel angle, plus profond et plus “sérieux”.

Ce sera en partie l’objet de ce blog: susciter la réflexion sur l’impact que les nouvelles formes d’utilisation de l’Internet a sur notre quotidien. Plus particulièrement sur le monde des affaires.

À l’instar du blog mon collègue Ian Smith, qui s’intéresse entre autres choses aux outils et aux méthodes de recherches d’information sur l’Internet, je noterai au passage les sites et astuces qui me paraissent de nature à intéresser tous ceux qui sont impliqués dans le développement de leur entreprise.

Je ne manquerai pas pour autant de vous refiler mes découvertes ludiques et esthétiques. Car l’Internet est un univers foisonnant de choses belles ou drôles, comme l’ensemble de nos sociétés.